Leonard, S., Henderson, E., & Mitchell, G. (2026). Effectiveness of Music Therapy for Delirium in Acute Hospital Settings: A Scoping Review. Nursing Reports, 16(1), 23. https://doi.org/10.3390/nursrep16010023
Cet revue exploratoire vise à cartographier les données scientifiques existantes sur l’utilisation de la musicothérapie et des interventions musicales dans la prévention et la prise en charge du délire chez les adultes hospitalisés en services aigus non intensifs.
Quatre bases de données (CINAHL, MEDLINE, PsycINFO, Embase) ont été interrogées.
Sept études quantitatives publiées entre 2004 et 2024 ont été incluses, principalement des essais contrôlés randomisés, portant sur un total de 569 patients adultes, majoritairement âgés. Les interventions comprenaient surtout de l’écoute musicale structurée ou personnalisée, et plus rarement de la musicothérapie menée par un musicothérapeute formé.
La synthèse narrative fait émerger trois grands thèmes :
- Réduction des symptômes liés au délire : Plusieurs études, notamment en contexte postopératoire, montrent une association entre l’écoute musicale et une diminution de la confusion aiguë, de l’agitation et de l’anxiété. La musicothérapie créative, lorsqu’elle est menée par un professionnel, semble également réduire l’agitation et les affects négatifs chez des patients âgés atteints de délire ou de démence.
- Soutien à la récupération physique : Certaines interventions musicales sont associées à une diminution de la douleur, à une réduction de la consommation d’antalgiques et à une amélioration de la qualité du sommeil, des facteurs connus pour influencer le risque et l’évolution du délire. Des effets variables ont aussi été observés sur des paramètres physiologiques et sur l’engagement du patient dans les soins.
- Amélioration des dimensions psychosociales et émotionnelles : Les études rapportent une meilleure régulation émotionnelle, un apaisement, une diminution de la détresse et une amélioration des interactions entre patients et soignants. Les musiques personnalisées ou culturellement significatives favorisent le sentiment de sécurité, la coopération aux soins et parfois la réminiscence.
La revue souligne que la musique, qu’elle soit utilisée sous forme d’écoute structurée ou de musicothérapie, s’intègre bien aux approches non pharmacologiques du délire, notamment dans une perspective de soins centrés sur la personne. Les infirmiers et équipes soignantes sont bien placés pour identifier les patients susceptibles d’en bénéficier et intégrer ces interventions aux bundles de prévention du délire.
Cependant, l’hétérogénéité des études (types d’interventions, durées, outils d’évaluation) et le faible nombre de travaux limitent les conclusions sur l’efficacité réelle.
La musicothérapie et les interventions musicales apparaissent comme des approches prometteuses, sûres et acceptables pour soutenir la prise en charge du délire en milieu hospitalier aigu. Elles semblent associées à des bénéfices sur les symptômes du délire, la récupération physique et l’expérience émotionnelle des patients. Néanmoins, des études plus robustes et mieux standardisées sont nécessaires pour guider leur mise en œuvre systématique en pratique clinique.

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