Musicothérapie Médiadoc

Veille média et ressources documentaires sur la musicothérapie – Par Lise Henry, musicothérapeute clinicienne et neuromusicothérapeute


Musicothérapie réceptive chez les adolescents hospitalisés atteints d’anorexie mentale : une étude pilote utilisant une approche mixte

Scotto Di Rinaldi, S., Silva, C., Rousseau, A., Da Fonseca, D., Sudres, J.-L., & Bat-Pitault, Receptive music therapy for hospitalized adolescents with anorexia nervosa: A mixed-methods pilot study, British Journal of Music Therapy, juillet 2026, https://doi.org/10.1177/13594575261466200

Le traitement de l’anorexie mentale (AN) demeure complexe, en particulier durant la phase aiguë nécessitant une hospitalisation. Cette étude pilote a pour objectif d’évaluer l’efficacité d’une intervention de musique en direct (Live Music Intervention, LMI) pour réduire l’anxiété et la dysmorphophobie lors des séances de pesée, souvent vécues comme particulièrement stressantes, chez des adolescentes hospitalisées pour anorexie mentale (n = 8). Il s’agissait d’une étude pilote naturaliste, non randomisée, avec un plan croisé séquentiel, réalisée dans le cadre des soins habituels. En utilisant une technique innovante de musicothérapie réceptive en groupe basée sur l’écoute de musique jouée en direct, appelée DéPi-AM (une intervention instrumentale de relaxation psychomusicale), les huit participantes ont suivi un protocole de 16 semaines comprenant huit séances de musicothérapie (condition expérimentale) comparées à huit séances de traitement standard (condition contrôle). Des données quantitatives et qualitatives ont été recueillies à différents moments entre 2020 et 2021. Les résultats montrent que l’intervention musicale a entraîné une diminution significative de l’anxiété perçue, de la pression artérielle systolique et de la fréquence cardiaque par rapport aux conditions témoins. Les périodes de pesée ont, quant à elles, provoqué une augmentation significative des paramètres psychophysiologiques, notamment de la pression artérielle systolique et diastolique ainsi que de la fréquence cardiaque, en comparaison avec des journées émotionnellement neutres. En revanche, aucune différence significative n’a été observée concernant l’évolution de la dysmorphophobie, que ce soit en augmentation ou en diminution, quelle que soit la condition expérimentale. Les données qualitatives préliminaires indiquent que l’absence de musicothérapie était associée à davantage d’émotions négatives, tandis que les séances de musique en direct favorisaient l’apparition de pensées plus positives et un état de relaxation accru. Dans l’ensemble, ces résultats suggèrent que la musicothérapie, et plus particulièrement le protocole DéPi-AM évalué dans cette étude, pourrait constituer une approche complémentaire prometteuse pour réduire l’anxiété chez les patientes hospitalisées. Toutefois, les limites méthodologiques de cette étude pilote soulignent la nécessité de réaliser des recherches de plus grande envergure, combinant des approches quantitatives et qualitatives, afin de mieux préciser son efficacité et ses modalités d’application.

Accéder à l’article : https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/13594575261466200#tab-contributors



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