Shefali Gupta, EEG-Based Assessment of Music Therapy: A Systematic Review of Neural Correlates and their Cognitive States, Artificial Intelligence Approaches, and Different DataSets, septembre 2026, DOI: https://doi.org/10.21203/rs.3.rs-11061910/v1
Cet article est une revue systématique de 76 études consacrées à l’utilisation de l’EEG pour étudier les effets cérébraux de la musique et ses applications potentielles dans la musicothérapie. Les résultats montrent que la musique peut modifier de manière mesurable l’activité cérébrale, notamment au niveau des bandes alpha et theta, souvent associées à la relaxation, à l’attention et à la régulation émotionnelle, ainsi que de la bande bêta, mais que ces effets varient fortement selon les caractéristiques de la musique et les particularités de chaque personne, comme ses préférences musicales, son âge, son expérience ou son état émotionnel. L’EEG permet également d’étudier des phénomènes plus complexes tels que la connectivité entre régions cérébrales, la synchronisation ou l’engagement cognitif. L’article souligne l’intérêt croissant de l’intelligence artificielle, qui pourrait permettre d’identifier certains états émotionnels ou cognitifs à partir des signaux EEG et, à terme, d’adapter la musique en fonction de la réponse individuelle de la personne, ouvrant la voie à une musicothérapie davantage personnalisée. Cependant, la grande diversité des protocoles, des populations, des outils EEG et des indicateurs utilisés limite la comparaison des résultats et leur généralisation. Les auteurs insistent donc sur la nécessité de ne pas considérer l’EEG comme un indicateur suffisant des effets thérapeutiques : les données cérébrales doivent être croisées avec les données physiologiques, comportementales et surtout subjectives de la personne. Pour la musicothérapie, cette revue ouvre ainsi une réflexion importante sur l’évaluation : les neurosciences peuvent contribuer à objectiver certains processus liés à l’expérience musicale, mais elles ne permettent pas à elles seules de rendre compte de la dimension relationnelle, individuelle et thérapeutique de la pratique. Elle plaide finalement pour une approche de l’évaluation multidimensionnelle et personnalisée, capable d’articuler les effets observables, les processus neurophysiologiques et le vécu de la personne accompagnée.

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