Thèse : Création musicale, neurosciences et psychanalyse

Marie Poulain Berhault-Poulain. Usages et fonctions de la création artistique. La musique : des neurosciences à la psychanalyse. Psychologie. Université Rennes 2, 2022. Français. ⟨NNT : 2022REN20003⟩⟨tel-03669553⟩

Cette thèse de doctorat explore d’abord la musicothérapie et la neuromusicothérapie avant de circonscrire les limites de la musicothérapie orientée par la psychanalyse. Elle s’engage ensuite dans une lecture de la psychose entre la psychiatrie, la psychanalyse freudienne et la psychanalyse structurale lacanienne puis explore le cas de Robert Schumann, pour lequel la fonction de la création musicale pourrait être d’alléger la souffrance du symptôme. « En dégageant quelques spécificités de l’œuvre
schumanienne notamment le lied, nous verrons comment la composition a fait suppléance et a reporté l’acte suicidaire », indique l’auteur dans son abstract.

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Revue Française de Musicothérapie : Vol. 40, Mai 2022

Revue Française de Musicothérapie, Association française de musicothérapie, Vol. 40, Mai 2022

Christine Falquet, Quelles théories en jeu dans la musico-thérapie ?
Résumé : « La théorie du jeu symbolisant référée à la psychanalyse fonde ma pratique, et mon questionnement sur cette pratique ouvre sur de multiples champs disciplinaires référés à des épistémologies
différentes. La musico-thérapie est une pratique à trait d’union ouverte à la transversalité disciplinaire.
La pensée du musico-thérapeute est une pensée polyphonique, une pensée du jeu avec le multiple,
une pensée complexe à laquelle sa formation et sa pratique musicale l’a particulièrement bien préparé. »

Marie Orantin, Quand les théories entrent en résonance dans la clinique du musicothérapeute

Résumé : « La diversité des pratiques et des contextes cliniques en musicothérapie la place à la croisée de
différents modèles théoriques. Discipline à part entière, il est ainsi nécessaire d’en interroger sans cesse la polyphonie épistémologique, sachant que ce qui réunit les musicothérapeutes est un rapport singulier au non-verbal, au sonore et au musical. Cet article tente de décrire comment, dans le contexte de la rééducation fonctionnelle, l’approche psychanalytique et phénoménologique de la musicothérapie conceptualisée par le Professeur Edith Lecourt est entrée en résonance avec d’autres sciences humaines telles l’anthropologie du geste de Marcel Jousse et la philosophie de la musique de Francis Wolff.
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Anthony Brault, Des fondements mythologiques de la musique dans les théories (pubertaires) du musicothérapeute

Résumé : « A l’origine de la musicothérapie se trouve de nombreux mythes relatant le pouvoir magique de
la musique. Ce pouvoir peut être utilisé autant à des fins curatives que destructrices. Ces différents versants du pouvoir magique de la musique se retrouvent dans la manière dont l’objet musical est utilisé au moment de l’adolescence. Dans cet article, nous proposerons quelques théories pubertaires de la musique qui nous amèneront à repenser le rapport du musicothérapeute à la musique.
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Lou Latil, Devenir Musicothérapeute certifié au Canada

Résumé : Devenir musicothérapeute certifié au Canada est un court article décrivant la démarche pour être reconnu et certifié au Canada. L’auteur, ayant elle-même vécu ce processus, explique, pas à pas et par des exemples concrets, comment y parvenir et obtenir le statut professionnel de musicothérapeute accrédité (MTA).

Oscar Pisanti, Unheard melodies : la « fonction psychanalytique » dans l’écoute musicale en musicothérapie

Résumé : Cet article se focalise sur la dimension de l’expérience musicale qui concerne l’écoute, en particulier l’écoute musicale dans le travail avec la musicothérapie. À partir de la perspective psychanalytique sur le concept du sonore-musical et d’une méthode thérapeutique analytique, nous proposerons d’abord l’hypothèse d’une « fonction psychanalytique » de la musique. Cette fonction implique que la musique permet à qui écoute de rentrer en relation avec soi-même et avec son propre monde intérieur, de réaliser un travail psychologique conscient et inconscient avec les vécus émotifs évoqués et de conférer une signification symbolique personnelle à l’expérience d’écoute. Dans un second temps, la réflexion sur une expérience de musicothérapie réceptive pendant la pandémie Covid-19, nous permettra de montrer comment la fonction psychanalytique de la musique peut favoriser les processus de transformation et d’élaboration psychique des vécus traumatiques.

Agostino Trotta, Le chant d’Amour et de Psyché

Résumé : Dans ce titre d’apparence simple mais pourtant captivant, se dissimulent plusieurs concepts sur lesquels la psychologie des profondeurs et la psychanalyse se sont déjà longuement penchées. La fable d’Amour et Psyché, racontée de manière symbolique par Apulée, évoque en effet l’amour passionnel et pur en même temps entre la divinité (Éros, le dieu de l’amour) et l’âme, Psyché (en grec ancien souffle, force vitale, âme) ; elle évoque aussi les pulsions sexuelles (Éros et Thanatos) de vie et de mort, conçues par Freud. Finalement, la sculpture d’Antonio Canova « Psyché ranimée par le baiser de l’Amour », qui exalte la relation amoureuse et rédemptrice des deux personnages, peut ici symboliser la relation musicothérapeutique entre le patient et son thérapeute.

Musicothérapie et psychoses. Thèse : « Le processus de négociation dans la clinique psychanalytique : L’abîme du non-rapport médiatisé dans un atelier de musicothérapie. »

Selim Sami. Le processus de négociation dans la clinique psychanalytique : L’abîme du non-rapport
médiatisé dans un atelier de musicothérapie. Psychologie. Université Côte d’Azur, 2021. Français.
ffNNT : 2021COAZ2023ff. fftel-03533025f

Extrait : S’appuyant sur des ateliers de musicothérapie destinés à des patients psychotiques hospitalisés en psychiatrie, cette thèse aborde une nouvelle perspective de recherche considérant l’instrument de musique comme un outil privilégié du processus de médiatisation du transfert entre les patients et le
musicothérapeute. Le dispositif repose sur l’improvisation. Le patient est actif.
L’auteur pose que le rapport à l’instrument exige un temps d’accordage du fait que ce rapport soit confronté à un impossible : celui imposé par les limites du corps de l’instrumentiste mais aussi ceux organologiques de l’instrument. L’hypothèse émise par l’auteur est qu’un dispositif musicothérapeutique, dont la règle fondamentale est l’improvisation, balise la possibilité de faire de ce temps d’accordage la scène d’une négociation entre le psychotique et ses vociférations surmoïques.

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Adolescence et voix : « la voix génitale »

Anthony Brault, La voix génitale, Revue Française de Psychanalyse, 2021/4 (Vol. 85), pages 835 à 844

Eléments clés du résumé : La transformation biologique de la voix à l’adolescence ne se traduit pas nécessairement par une acceptation psychique simultanée.
Dans cet article, Anthony Brault, psychologue, s’appuie sur le travail analytique mené avec un garçon de 13 ans pour montrer comment l’attention portée à la voix, celle de l’adolescent tout comme celle de l’analyste, enrichit la chemin thérapeutique.

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Visioconférence – Maël Grand / Anne-Charlotte Declercq : La musicothérapie, une profession qui se (re)définit – De la psychanalyse aux neurosciences

Maël Grand, musicothérapeute et neuromusicothérapeute fraîchement élu à la vice-présidence de la Fédération Française de Musicothérapie, aborde tous les aspects de la musicothérapie et de la neuromusicothérapie dans cette visioconférence organisée par la neuropsychologue belge Anne-Charlotte Declercq. A voir ou à revoir.

Enfances & Psy : La musicothérapie analytique de groupe comme voie possible d’intégration de la violence sonore pubertaire

Anthony Brault, Jouer avec son corps sonore et en explorer les limites à l’adolescence, Enfances & Psy, 2020/1 N° 85, pp.92 à 100

Psychologue clinicien et musicothérapeute, Anthony Brault vient de publier un article dans le dernier numéro d’Enfances & Psy sur le thème de « la violence sonore pubertaire » et les possibilités de son intégration via la musicothérapie analytique de groupe. Le dispositif permettrait à l’adolescent de disposer d’un espace pour « exprimer et transformer sa violence pulsionnelle en créativité ».

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Revue Française de Musicothérapie : « Perturbations multimodales dans les polyrythmies interpersonnelles en musicothérapie : un rejeu perpetuel du traumatique ? « 

Dominique Brugger« Perturbations multimodales dans les polyrythmies interpersonnelles en musicotherapie : un rejeu perpetuel du traumatique ? »Revue Française de Musicothérapie, Volume XXXVIII, décembre 2019

 

Dans cet article, Dominique Brun s’interroge : « Est-ce que la rythmicité du patient en musicothérapie pourrait traduire des souffrances passées ? »
A partir de cette question, qui lui est notamment venue à la lecture d’Anne Brun (Brun & Chouvier & Roussillon, 2013), elle commence par définir les termes de sa réflexion :

  • La « perturbation » étant « tout ce qui, dans l’expression (corporelle et/ou verbal), nous apparaît comme accidenté sans être pour autant intégré à un discours cohérent » ;
  • « multimodale » représentant « les multiples modes qui font langage chez l’humain : geste corporel, geste vocal (Jousse, 1974), regard, posture, mouvement : façon d’incarner le temps de séance.»
  • Ces deux éléments constituant, pour partie, la polyrythmie, à savoir un « groupe de rythmes perceptibles à la fois indépendamment les uns des autres, mais aussi en association, et/ou globalement. »
  • Enfin, le traumatisme, tel que retenu dans cet article, est «  la blessure qui attaque le cours psychique, par effraction, ou manque répété», qui « met le psychisme en état de débordement, d’impossibilité de symbolisation tant c’est insupportable, ou impensable »

Puis après avoir introduit la façon dont ces éléments s’invitent, selon Dominique Brugger, en séance de musicothérapie, l’auteur émet une hypothèse : « l’intrication des chaines traumatiques se retrouve dans l’intrication des perturbations polyrythmiques avec lesquelles nous travaillons en musicothérapie active. »
Elle poursuit ensuite sa réflexion à travers l’analyse de trois cas cliniques.

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Quelle relation existe-t-il entre musique, pouvoir et identité collective d’un point de vue psychanalytique ?

Xanthoula Dakovanou, Musique, Pouvoir et Identité collective, Topique 2019/2 (n° 146), pages 81 à 95

Dans cet article l’auteur s’interroge sur la relation entre musique et pouvoir d’un point de vue psychanalytique, les raisons pour lesquelles la musique peut être utilisée pour promouvoir ou bien pour combattre l’idéologie dominante d’une façon très effective.
L’auteur, qui analyse le lien de la musique à l’Idéal du Moi, défend l’idée que la musique incarne d’une façon très efficace les idéaux collectifs groupaux d’une société donnée.

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Thèse : Musicothérapie et autisme : du chaos à l’organisé

Musicothérapie et autisme : du chaos à l’organisé
GAUDIN Yves
Psychologie. Université Nice Sophia Antipolis, 2015
Laboratoire LAPCOS EA 7278

Résumé

« La musicothérapie n’est pas une thérapeutique nouvelle, et les
évidences quant à ses bienfaits ne sont plus à démontrer.
Cependant, si plusieurs auteurs en font mention, très peu d’entre
eux expliquent « pourquoi » et « comment » la musicothérapie
permet à la personne autiste, le passage d’une parole que nous
qualifions d’a signifiante à un discours nouvgraduate-150374_640eau et chargé de sens.
C’est ce que tente d’expliquer cette thèse de doctorat, et ce, grâce
à de nombreux aller-retour entre clinique et concepts
psychanalytiques (lacaniens en particulier). »

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